mardi 27 mai 2008

Voyage en musique

Après ces quelques jours d'absence durant lesquels les plus assidus commençaient à se faire du soucis, j'émerge de ce mutisme pour vous faire partager un moment de poésie. N'ayant pas la prétention de m'autoproclamer poète, je ne vais pas vous écrire un sonnet et les vers ne seront pas de moi. D'ailleurs, il n'y en aura pas... Il y a, en effet, des poésies qui ne nécessitent aucun mot et qui, pourtant, peuvent parler quand elles vous font frémir au détour d'un hammer croché ou d'un triolet.

Je vous invite donc à écouter et à savourer cette fabuleuse musique de John Butler, virtuose de la douze cordes en open tuning, qui vous emmènera en voyage à travers cet océan d'harmonies.


jeudi 15 mai 2008

Ils sont fous ces parisiens!!


Profitant des jours magnifiques que nous offre le mois de mai en nous gratifiant de son plus beau soleil, je me suis enfin décidé à fouler le sol parisien et à prendre mes marques dans cette ville que, soit disant, tout le monde nous envie. L’excursion qui peut vous sembler, a priori, plutôt banale, n’est cependant pas si aisée qu’elle n’y paraît. Il faut, en effet, savoir où on va et avoir quelques notions géographiques de la capitale avant de se lancer dans cette jungle urbaine ; sans quoi, on a des chances de se perdre. C’est donc armé de l’indispensable carte touristique, d’un plan des lignes RATP (le format poche que les franciliens connaissent bien) et d’Estelle (arme indispensable pour parer à tout égarement) que je suis partis à l’aventure. Le parcours emprunté lors de cette belle journée a été des plus classiques ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je ne vais pas le détailler, puisque ça risquerait de vous faire mourir d’ennui et de vous faire fuir à la vitesse d’un clic gauche.

Alors que je commençais à me reprocher mon manque d’inspiration et mon originalité digne des plus grands guides touristiques, mon regard s’est posé sur un banc de parisiens qui dorait au soleil tels des pingouins sur la banquise. Je dois vous avouer que la surprise a été de taille. Pour être précis, ce n’est pas la vue de l’animal qui a été l’objet de ma surprise, mais c’est plutôt le fait que celui-ci était arrêté et attroupé avec bon nombre de ses semblables qu’il semblait tolérer. Certains avaient même l’air de communiquer. Ce comportement social allait à l’encontre de tout ce que j’avais pu observé lors de mes précédentes rencontres avec cette espèce à part, et j’ai dû me rendre à l’évidence : les parisiens ne sont donc pas constamment en train de courir et de maudire leur voisin.

Après quelques minutes passées à les regarder depuis mon poste d’observation, j’ai tout de même été interpellé par le paradoxe du parisien. Pour être clair, je me demande bien pourquoi ces petites bêtes, qui supportent à peine les habitants du nid voisin et qui se plaignent continuellement du manque de tranquillité, viennent se concentrer dans les parcs, tels des moustiques sur une ampoule, dès que le premier rayon de soleil pointe le bout de son nez. N’y a-t-il vraiment pas d’autres moyens pour profiter du beau temps ? Ce phénomène est également observable durant l’été où le parisien et sa petite famille viennent s’entasser sur la côte avec tous leurs congénères et polluer le littoral de leurs coups de klaxon frénétiques. Finalement, le parisien ne supporte pas son voisin, mais il semblerait qu’il ne peut pas vivre sans.
Après réflexion, je me dis que la conclusion est peut-être un peu hâtive et que je dois approfondir l’observation et peut-être tenter d’établir le contact avec les sujets les plus dociles. La prochaine journée ensoleillée sera donc consacrée à l’observation du parisien dans son milieu naturel.

mercredi 7 mai 2008

Terres inconnues


Me voici donc sur la fameuse île. Le navire est arrivé dans le port au levé du soleil et j’ai posé un pied fébrile sur cette terre qui est désormais la mienne.
Contrairement à tout ce que j’avais imaginé, l’endroit était totalement désert et à défaut d’accolades chaleureuses, j’ai été accueilli par le chant des mouettes et le murmure des vagues qui venaient mourir sur les plages alentours.

Mais où sont-ils ? Les vieux ne sont-ils pas censés nous accueillir dès notre descente du bateau ? Les histoires qu’on nous raconte sont-elles fausses ? Et finalement, peut-on vivre sur cette île ? Alors que l’angoisse commençait à me gagner, c’est avec soulagement que mes oreilles ont capté les premières notes jouées par la fanfares. (Marcel, un nouvel ami, m’a expliqué un peu plus tard dans la soirée, euh…dans l’après-midi que la formation musicale avait pris un peu de retard à cause du déambulateur de Gaston qui buttait constamment dans le fauteuil roulant de Geneviève).
A mesure que le son devenait de plus en plus clair, j’ai commencé à distinguer quelques têtes blanches qui ne semblaient franchement pas très pressées d’atteindre le quai. (Marcel, qui lit par-dessus mon épaule, me dit que la fanfare a fait tout son possible pour arriver rapidement).
Après une bonne vingtaine de minutes, la fanfare « les têtes blanches » a donc fini par arriver à destination et a cessé de jouer (car à bout de souffle) « les copains d’abord » qui selon Robert est le dernier tube à la mode.

Après de brèves salutations, mes nouveaux amis m’ont emmené vers le champs de foire (comme ils disent) où les dames, qui avaient toutes les cheveux permanentés, avait préparé un farci poitevin. Ce plat, qui a un goût plutôt particulier, nécessite, selon ces chères dames, un savoir faire qu’elles seules détiennent et que bien sûr personne ne maîtrise sur le bateau.
Je dois bien avouer que le repas était très fameux et j’ai ressenti pour la première fois le besoin de faire ce qu’ils appellent « la sieste ». J’ai donc cédé à la tentation de découvrir les sensations nouvelles de la sieste et je me suis adossé au premier arbre venu pour m’assoupir quelques min…heures.

A mon réveil, j’ai constaté que la sieste est une activité plutôt agréable qui mérite d’être pratiqué au-delà des frontières de l’île. Mais il ne faut cependant pas en abuser car pendant ce petit voyage au pays de Morphée, j’ai perdu du temps dans la quête que je m’étais imposé. Hier soir avant de retourner dans ma cabine, je m’étais, en effet, promis de trouver un ordinateur pour pouvoir vous conter mon aventure. A la lecture de ces lignes, je pense que vous comprendrez que j’ai mis le doigt sur l’engin de haute technologie (un IBM PC 5150 des années 1980) qui était rangé dans une remise sous prétexte que personne ne l’utilisait.

Alors que j’écris ces dernières lignes, j’entends Marcel qui m’appelle pour faire une partie de belotte, vous comprendrez bien que je ne peux pas passer à côté d’une occasion pareille.