mardi 29 avril 2008

Voyage vers un autre âge


Voyageant paisiblement à bord de Jeunesse Boat depuis les eaux qui m’ont vu naître, je m’aperçois que je parcours mes derniers miles dans la mer d’avril et que je me rapproche inexorablement de Vieillesse Island. L’accostage est prévu dans le premier quart de la mer de mai, et c’est avec grand regret que je vais quitter le navire.

J’ai pourtant tenté de ralentir l’embarcation et essayé de négocier avec le capitaine, mais tous mes efforts se sont révélés infructueux. J’ai donc dû me faire une raison et accepter ce voyage vers la déchéance.

Depuis quelques jours, je reste sur le pont et ma peur grandit à mesure que l’île au loin devient de plus en plus nette. La simple vue de celle-ci fait resurgir toutes les histoires de cette vie insulaire qui se racontent sur le bateau… Et je prie pour que celles-ci ne soient pas vraies. Selon ces récits, les habitants de ces terres accueillent les nouveaux arrivants au cours d’une cérémonie plus qu’étrange durant laquelle les Jeunes (comme ils les appellent) doivent faire don de leurs cheveux, de leur belle peau et d’un poumon. Il paraît, en effet, que la beauté est interdite sur l’île et que le sport doit impérativement être un calvaire pour toute personne qui s’y risque. Au-delà de cette régression purement physique, on dit que les nouveaux sont également dans l’obligation de dire « au revoir ! » à une aptitude intellectuelle de leur choix : « technologie » serait, selon les dires, l’aptitude la plus délaissée par ces derniers car il n’y aurait ni ordinateur, ni console de jeux sur l’île. J’ai même entendu un matelot qui disait que les Vieux (comme on les appelle) ne savaient pas se servir d’un magnétoscope ; pourtant je croyais que la VHS était d’une autre époque…

Vous comprenez donc que je redoute le moment qui va me voir débarquer sur ces terres et que j’essaie d’oublier ce terrible destin en profitant des dernières soirées avec mes jeunes amis. Il est d’ailleurs impératif de profiter des derniers moments durant lesquels je vais pouvoir veiller puisque, d’après certains camarades, il est impossible de se coucher après 20 heures sur l’île. Selon eux, les Vieux sont assommés par la fatigue sur les coups de 19 heures ; ce qui condamne toute activité nocturne.

Il m’arrive parfois de reprendre espoir en me disant que la vie là-bas n’est peut-être pas si mal. Il est probablement possible de faire de la résistance et de camoufler son esprit de jeune dans sa peau de vieux. C’est donc avec l’espérance de ne pas devenir trop ringard que je vous donne rendez-vous sur ce havre de vieillesse puisque, finalement, on s’y retrouvera tous un jour.

jeudi 24 avril 2008

Avoir ou ne pas avoir



Intervenant généralement sur ce blog pour essayer de vous faire sourire à coup d’autodérision, c’est avec des intentions différentes que je me présente à vous aujourd’hui. Je me suis, en effet, rendu compte que je ne profitais pas d’un avantage certain que confère la tenue d’un blog : pouvoir dire ce qu’on pense sans se faire couper la parole. Cet article sera donc consacré à mon premier coup de gueule (et peut être le dernier, mais en tout cas celui-ci me tient à cœur parce que quand y’en a marre [y’a malabar], y’en a marre). Je vous entends vous demander : mais quelle mouche l’a piqué ? Où est passée sa gentillesse légendaire ? Et bien aujourd’hui, je dis merde ! Un moustique m’a fait chier toute la nuit et je me suis réveillé méchant avec l’envie de tout casser !

J’ouvre donc cette page pour vous faire part de ma révolte contre la « société du paraître ». C'est-à-dire l’envie de chacun d’en mettre plein la vue, d’être le plus beau et le plus riche qui se traduit par une compétition internationale de la possession (pour la plus grande joie des multinationales). Vous pourriez me dire que j’en fais parti et que comme tout le monde j’aspire à une belle vie ; ce à quoi je répondrais qu’effectivement je veux bien vivre, mais qu’une belle vie ne se résume pas à une belle bagnole et un écran plasma. D’ailleurs, je conduis une 205, je suis pas une fashion victime, je suis jamais coiffé et je me rase qu’une fois par semaine ; je pense donc être légitime pour m’exprimer sur le sujet.
Dans cette société où le paraître est le souci principal des citoyens, je suis outré par le soin que prennent les gens à afficher ce qu’ils possèdent au yeux de leur contemporains. Il en découle une frénésie qui pousse chacun à aller acheter ce qu’a son voisin (en mieux) par peur de passer pour un blaireau au prochain apéro de quartier.
Y’a des moments comme aujourd’hui où j’ai envi de dire stop à la connerie. Il me semblait, en effet, (ou alors j’avais rien compris) qu’au départ le but du jeu dans la vie était d’en avoir suffisamment pour vivre correctement (sans pour autant vivre dans l’abondance). À aucun moment j’ai lu dans la règle, qu’il fallait en avoir plus que les autres et qu’il fallait jouer la surenchère dès qu’un objet était décrété indispensable pour exister dans cette société.
Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut rien s’acheter ; il s’agit de consommer ce dont on a besoin et ce qui est en adéquation avec notre mode de vie. Pour être clair, c’est pas parce que ton voisin cinéphile achète un écran plasma pour regarder ses films qu’il faut que tu en achètes un si tu ne regardes que la roue de la fortune (et autres merdes télévisuelles) sous prétexte que « ça le fait devant les amis ». Je vous rassure TF1 est aussi pourri en HD qu’en cathodique.

Les gens sont obnubilés par l’image qu’ils renvoient ; ils sont près à tout pour être estimés et montrer qu’ils ont réussi. Et puisque « avoir réussi » se résume, en gros, à être péter de tunes, les gens sont capables de tout pour tromper leur monde et se faire passer pour plus riches qu’ils ne le sont en s’offrant des trucs inutiles (mais indispensables à la panoplie du gars qu’a réussi). Vous noterez au passage que la définition de « réussir » ne correspond plus à « faire un métier qui plaît et vivre correctement » mais à « gagner plein de sous et le montrer » (elle est loin l’époque où les gamins voulait être instituteurs).

Il faut savoir que tout le monde ne peut pas être plein aux as, et que d’ailleurs ce n’est pas le but dans la vie. Alors au lieu de regarder et d’envier ce que les autres ont, demande toi ce qui est vraiment nécessaire à ta vie et privilégie ce qui enrichira ton esprit plutôt que ton patrimoine (dans la mesure où tu rames pas comme un galérien pour faire vivre ta famille, bien sûr ; faut pas être maso non plus). Et si tu crois toujours que, comme le dit un grand philosophe, « les choses te donnent une identité » ; Réfléchis à ça : Qu’est ce que tu penses du propriétaire d’un super cabriolet en Sibérie ?

vendredi 18 avril 2008

Duo gagnant


Toujours près à rendre service (je suis trop bon !), j’ai été embarqué dans un concours d’écriture par ma chère et tendre. Tout a commencé le 5 avril quand Noémie (que je remercie au passage) a informé Estelle qu’il y a avait un concours sur « blog malin » basé, en gros, sur l’originalité d’un commentaire laissé à propos d’un article. Et qui dit concours, dit cadeau à la clé !
Intéressés par le super voyage au soleil, euh… par le super épilateur qui était mis en jeu, nous nous sommes plongé corps et âme dans Epilation land pour décrire la dure vie de Mademoiselle et ses poils. Etant habitué à travailler en équipe (…), nous nous sommes réparti les tâches : Estelle aux idées et moi à la plume (ou plutôt au clavier).
L’équipe de choc composée, il restait plus qu’à écrire ce super commentaire qui ferait de nous les heureux propriétaires de cet appareil que tout le monde nous envierait. Après une bonne heure de réflexion, le chef d’œuvre est né. Apparemment, il était pile poils dans le sujet, puisqu’il nous a permis de gagner (la débroussailleuse) l’épilateur.

Plutôt contente de son coup, Estelle ne s’est pas contentée de cette victoire ; elle m’a supplié (je ne vous dirai pas comment) de publier le commentaire sur mon blog en prétextant qu’il ferait rire les gens de passage (c'est-à-dire Noémie et ma sœur… merci, je vous le rendrai). Ne pouvant rien lui refuser, je vous présente donc ce fameux texte qui me permet aujourd’hui d’apprécier la douceur de ses jambes.


Fidèle lectrice du blog malin, je ne peux m’empêcher de réagir face à cet article qui fait resurgir des souvenirs douloureux et mes cauchemars les plus terrifiants (venant me hanter environ toutes les trois semaines). Monsieur Poil (qui me colle aux baskets ou plutôt aux jambes) ne fait, en effet, pas parti de mes meilleurs amis ; je pourrais même dire sans réserve qu’il est mon pire ennemi.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayer de l’éradiquer. La guerre a commencé vers l’âge de 12 ans où j’ai cru qu’une simple pince à épiler suffirait à faire plier le terrible envahisseur ; mais j’ai due rapidement me rendre à l’évidence que cette arme de poing n’était pas suffisante. J’ai alors opté pour des solutions plus radicales, en passant par le rasoir, la crème et autre dispositif made in home pas vraiment concluant, pour enfin finir chez le spécialiste (cauchemar vivant de Monsieur Poil et de ses amis) : l’esthéticienne armée jusqu’aux dents pour lutter contre ce parasite. Mais cette dernière arme de destruction massive présente le réel inconvénient d’entraîner une surchauffe de Madame « CB ».
Ne sachant plus vraiment comment me sortir de cette situation très compliquée qui me pousse à faire des concessions soit sur la douceur et la beauté de mes jambes soit sur la santé de mon compte en banque, je me suis mise à rêver d’une nouvelle arme qui pourrait allier efficacité et sympathie budgétaire. Mais attention, il est impératif que celle-ci ne chatouille pas Madame Douleur et qu’elle garantisse une épilation sans crispation. C’est alors que, me baladant tranquillement par ce beau week-end sur la blogosphère, je vois toutes mes attentes réunies dans ce fabuleux objet que vous présentez.
Je ne peux que vous remercier d’avoir égayé ma vie et de m’avoir redonner l’espoir de pouvoir enfin en finir avec ce fléau qu’est ma pilosité.

Et voilà. Il me reste à remercier les organisateurs de ce jeu qui était plutôt sympa. Et d’ailleurs, ce concours ayant réveillé ma soif de compétition, je dois vous laisser pour poster un commentaire sur le blog « paysagiste forever » ; il y a un taille haie à gagner.

lundi 14 avril 2008

Petite désillusion



Me réveillant comme chaque matin dans ce pays qui prône l’égalité, j’ai frôlé la crise cardiaque en constatant avec effroi que l’injustice pouvait frapper à n’importe quelle porte et notamment à la mienne. La cruauté de ces premières minutes matinales me fait encore trembler.
Alors que je tentais d’attraper mon super portable dernière génération qui déversait dans mes oreilles les fabuleuses notes de « Toutes les femmes sont belles » de Frank Michael, je me suis aperçu que mon bras était trop court pour atteindre l’appareil qui était tombé sur le sol durant la nuit. Le constat fût terrible : je suis petit !
Un torrent d’images (de situations plutôt banales) provenant de ma mémoire épisodique vint me frapper pour que je prenne définitivement conscience de mon nanisme. Cette brève rétrospective de ma vie me fit réaliser que je ne pouvais pas me considérer de taille normale alors que j’utilise une échelle pour monter dans ma chaise et que j’ai l’impression d’être monté sur des échasses quand j’enfile mes chaussures à crampons. Pourtant tout ceci me paraissait normal encore hier soir. Comment ai-je pu me tromper à ce point ?
C’est pour répondre à cette question que je me suis empressé de sauter sur mon trampoline pour m’installer sur ma chaise (j’ai laissé tomber l’échelle ; c’est trop dangereux). Me voilà donc bien installé et prêt à partager mes conclusions avec vous.

Pour comprendre les raisons de cette erreur de jugement, je vous propose de vous immerger (à vos risques et périls) dans l’environnement qui m’a vu (un peu) grandir. En y réfléchissant, je crois avoir été victime d’un coup monté. La supercherie repose sur la notion de relativité de la grandeur. Pour être clair, on se sent grand quand toutes les personnes et les choses, qui nous entourent, paraissent plus petites que nous. Vous vous sentez grand à côté d’un playmobile (j’espère pour vous) et vous vous sentez petit à côté d’un séquoia (j’espère aussi).Et bien voilà comment j’ai été berné depuis le jour de ma naissance.
Je suis, en effet, né dans une famille de nain, mais tout en croyant que les membres de celle-ci étaient de taille normale. Même si je trouvais curieux que mon père passe sous la table sans se pencher (c’est pratique pour passer le balai), je n’ai jamais remis sa taille en cause ; je pensais simplement que le fabricant de cette charmante table avait eu une idée bizarre en lui mettant des pieds aussi grands. Il faut également noter que, non contente de me fournir une famille de poche, Dame Nature m’a aussi refilé des amis tout petits ; j’ai même deux copines (deux sœurs) qui ne sont pas plus grandes qu’un pouce (elles sautent à pieds joints sur le clavier pour tchater sur msn, autant dire que ça va pas vite). Avec des gens de cette taille vous imaginez donc bien que je pensais être grand (je ne peux pas passer sous la table, je suis 2 cm trop haut). Mais tout ceci a pris fin ce matin lors de ce douloureux réveil.

Rassurez-vous, la dépression ne m’atteindra pas, car comme disait un grand petit Monsieur « l’important, c’est que les pieds touchent par terre ! ».

lundi 7 avril 2008

A la poursuite du temps perdu



Ayant complètement échoué à percer les mystères du temps dans mon précédent article, je constate avec profond désarroi que Monsieur T ne s’est toujours pas arrêté et que chaque jour l’impression d’avoir des journées trop courtes grandit en moi.

Ne pouvant visiblement pas lutter contre le cours du temps qui, à chaque instant, me porte un peu plus loin sur la frise chronologique que j’avais tracée dans mon cahier de CM2, j’ai décidé de partir à la recherche du temps perdu. Mais comment faire ? Méthodique comme je suis, j’ai commencé par effectuer une étude approfondie de mon planning de ministre pour classer les tâches selon les critères « importance » et « compressibilité ». Après deux bonnes heures de réflexion intense, j’ai mis le doigt sur le talon d’Achille de mon emploi du temps : les repas.

Je sens déjà (bon français que vous êtes) que vous n’êtes pas d’accord avec moi. Et pourtant ! Imaginez un peu toutes les heures que vous avez perdues devant votre assiette durant toutes ces années. C'est du temps que vous auriez pu mettre à profit pour faire des choses bien plus intéressantes comme jouer à la belotte, faire des mots croisés ou encore danser le disco (aujourd'hui, vous seriez une star de la piste tel Didier Travolta).

Et d’ailleurs qui a décrété un jour que l’Homme avait besoin de manger pour vivre ? Pourquoi doit-on manger ? J’entends déjà mes amis biologistes qui tentent d’expliquer que c’est un besoin physiologique en étalant leur connaissance de la phosphorylation oxydative des mitochondries. Mais ma question n’est pas là ; je comprends bien que l’énergie est nécessaire, mais on aurait quand même pu faire plus simple pour s’approvisionner.
Etant furieux d’être passé à côté de mon destin de roi de la piste (j’aurais vraiment eu la classe avec la veste à paillettes!!), j’ai décidé de prendre mon destin en main en prenant la décision radicale d’arrêter de manger. A partir de maintenant, l’heure du repas sera consacrée à l’élaboration de mon blog (lu dans le monde entier… compteur à l’appui).

Désormais, je mange blog et, généreux que je suis, je vous sers ce petit blog accompagné de sa salade de lettres chaudes pour ne pas oublier que le repas reste un moment de convivialité.

mardi 1 avril 2008

Passage éclair


Profitant du peu de temps que j’ai devant moi, je viens soulager votre inquiétude qui se lit dans vos yeux depuis quelques jours : non, je ne suis pas mort !

Alors qu’après 7 jours sans aucunes nouvelles, les plus persévérants d’entre-vous (et dieu sait que vous étiez nombreux) s’apprêtaient à abandonner les recherches, je surgit de ma tanière pour essayer de vous expliquer pourquoi je n’ai pas eu le temps de vous écrire pendant cette semaine angoissante. Vous noterez que j’ai dit que j’allais « essayer » de vous expliquer ; je ne suis, en effet, pas sûr d’avoir trouvé une réponse à cette question.
Je profite donc de la présence de Monsieur Temps qui est devant moi (comme je vous le disais précédemment), pour avoir quelques indices. Mais alors que je me prépare à lui poser ma première question, je constate que ce cher Monsieur T a disparu. Mais où peut-il bien être ? Voulant absolument connaître les raisons profondes de l’écoulement temporel, je décide de le chercher. Quelle n’est pas ma surprise quand je constate que ce Mister T se trouve derrière moi. Je suis sûr que vous avez déjà pu observer ce phénomène étrange : vous avez Monsieur Temps devant vous et quelques secondes après il se retrouve derrière (Attention, ne vous penchez pas !). Il est trop fort !! Voulant lui exprimer toute mon admiration, je l’interpelle en espérant qu’il va s’arrêter deux secondes à mes côtés. Mais, comme vous le pressentez, ce Monsieur est l’homme le plus pressé que je n’ai jamais rencontré.

Vous comprenez donc que je ne pourrai vous donner la réponse que vous attendiez tant et en l’absence de ce Monsieur, je pense que vous ne m’en voudrez pas si je vous laisse sur ces mots.